Vote par correspondance électronique : la CNIL met à jour sa recommandation

À l’issue d’une consultation publique, la CNIL actualise sa recommandation sur la sécurité des systèmes de vote par correspondance électronique. Elle offre un cadre plus clair et plus opérationnel, en maintenant un haut niveau d’exigence en matière de sécurité, de confidentialité et de sincérité du scrutin.

La recommandation sur la sécurité des systèmes de vote par correspondance électronique s’adresse :

  • aux organismes publics et privés qui souhaitent mettre en place de tels systèmes de vote ;
  • aux professionnels du secteur, comme les fournisseurs de systèmes de vote et les experts en sécurité informatique.

Elle définit, selon les meilleures pratiques actuelles, les objectifs de sécurité que devrait atteindre tout dispositif utilisé lors de votes à bulletin secrets. Elle peut aussi servir de référence, lorsque cela est pertinent, pour la mise en œuvre de scrutins non secrets.

Dans la continuité de la version de 2019, la recommandation repose sur les principes fondamentaux du droit électoral et adapte le niveau de sécurité en fonction des risques liés au scrutin. Elle a pour objectif d’offrir aux responsables de traitement, à leurs prestataires et aux experts un cadre plus clair et actualisé pour l’organisation d’élections.

Pourquoi la CNIL fait-elle évoluer sa recommandation ?

Depuis 2019, le recours au vote par correspondance électronique a continué de se développer et de se diversifier. Ces dispositifs sont aujourd’hui utilisés dans des contextes variés, dans le secteur privé comme dans la fonction publique. Dans le même temps, l’environnement technique et juridique a également évolué, notamment avec les règles désormais applicables à l’organisation des élections des représentants du personnel dans la fonction publique.

Dans ce contexte, il était nécessaire de mettre à jour la recommandation. Cette révision permet de mieux clarifier les attentes et d’offrir aux acteurs un cadre plus cohérent et plus opérationnel. Elle s’appuie aussi sur le retour d’expérience des acteurs concernés, recueilli par la CNIL à travers ses actions d’accompagnement, sa veille, ainsi que les plaintes et les notifications de violations.

Enfin, la CNIL a travaillé en coopération avec l’ANSSI, qui a également publié un guide consacré à la sécurité des systèmes de vote par correspondance électronique.

La recommandation de la CNIL fixe les objectifs de sécurité qu’elle considère comme les meilleures pratiques, selon les types de scrutin. De son côté, le guide de l’ANSSI apporte des précisions et des recommandations techniques pour atteindre ces objectifs.

Ces deux documents sont donc faits pour être utilisés ensemble, de manière cohérente et complémentaire.

Recommandations 2026 de la CNIL  / Et le texte officiel

Le guide de l’ANSSI (guide officiel)

Ce qui change avec la nouvelle recommandation

Les principaux points à retenir de la recommandation actualisée :

Elle rappelle les principes fondamentaux qui encadrent les opérations électorales. Elle rappelle plus explicitement que les exigences de sécurité doivent être évaluées au regard de ces principes, notamment pour garantir le secret du vote, la sincérité du scrutin, la surveillance effective des opérations électorales et la possibilité d’en vérifier le bon déroulement.

Dans la continuité de la recommandation adoptée en 2019, la nouvelle version conserve une approche fondée sur le niveau de risque du scrutin (répartis en trois niveaux, le niveau 3 correspondant au risque le plus élevé), tout en faisant évoluer plusieurs aspects importants. Toutefois, les critères qui permettent d’apprécier ce niveau de risque ont été révisés. L’objectif est de mieux prendre en compte la diversité des scrutins concernés, leur contexte d’organisation et les enjeux qui leur sont propres. Le questionnaire d’auto-évaluation, auparavant disponible sur le site de la CNIL, a été revu et intégré directement dans la recommandation.

La partie consacrée aux objectifs de sécurité a elle aussi été retravaillée. Certains objectifs ont été ajoutés, d’autres reformulés, précisés ou réorganisés, afin de rendre le cadre plus lisible et plus cohérent. C’est le cas, par exemple, des objectifs 3.02 (vérifiabilité du bon dépouillement de l’urne) et 3.04 (les modalités de manipulation du secret permettant le dépouillement). À la suite des retours de la consultation publique, plusieurs objectifs ont aussi été reformulés de façon plus neutre sur le plan technologique : la recommandation insiste davantage sur les objectifs à atteindre, tout en laissant aux acteurs le choix des moyens, à condition qu’ils puissent justifier et documenter ces choix.

La recommandation précise aussi les exigences de transparence. Elles prévoient notamment la publication en amont du scrutin des spécifications techniques du protocole de vote (objectif de niveau 2) ainsi que la publication du code source du client de vote pour les scrutins les plus sensibles (objectif de niveau 3). L’exigence de transparence s’étend à l’information des électeurs : ils doivent recevoir en amont une note expliquant comment leurs données sont traitées.

Enfin, la recommandation fait évoluer le cadre de l’expertise indépendante des systèmes de vote. Elle met tout d’abord l’accent sur la nécessité, pour tout système de vote, de faire l’objet d’une expertise avant sa première utilisation. Mais les règles varient selon le niveau de risque du scrutin. Pour les scrutins les plus sensibles (niveau 3), une expertise reste attendue pour chaque scrutin. Pour les autres, l’organisateur dispose d’une plus grande latitude et peut, selon les cas, s’appuyer sur une expertise préalable déjà réalisée, sans devoir en refaire une à chaque scrutin. Cette évolution permet de mieux proportionner les exigences aux enjeux du scrutin, tout en maintenant un haut niveau de garantie pour les scrutins les plus sensibles.

Calendrier d’application

Afin de tenir compte des contraintes des acteurs, la publication de la nouvelle recommandation s’accompagne d’une période de transition. Ainsi, comme la CNIL l’avait indiqué en novembre 2025, les scrutins déjà en préparation et prévus en 2026 pourront continuer à appliquer la version de 2019 de la recommandation.

En revanche, la nouvelle recommandation s’applique à tout nouveau scrutin.

Délibération n° 2026-045 du 19 mars 2026 portant adoption d’une recommandation relative à la sécurité des systèmes de vote par correspondance électronique et abrogeant les délibérations n° 2010-371 du 21 octobre 2010 et n° 2019-053 du 25 avril 2019

Cette délibération a été portée au Journal Officiel le 24 avril 2026.

Document PDF de délibération n°2026-045

Élections professionnelles 2026 de la fonction publique Territoriale, de la fonction publique Hospitalière et de la fonction publique d’État

Dans le but d’encadrer les élections professionnelles de la fonction publique Territoriale, les élections professionnelles de la fonction publique Hospitalière et les élections professionnelles de la fonction publique d’État, des conditions d’organisation, fixées par décret sont consultables ici :
Décret n° 2024-1038 du 6 novembre 2024 relatif aux dispositions réglementaires des livres Ier et II du code général de la fonction publique

Une partie concerne plus particulièrement les Experts indépendants chargés de vérifier le respect des mesures de sécurité mises en oeuvre dans le cadre de telles élections.
Cette partie est consultable ici :
Section 6 : Vote électronique par internet pour les élections professionnelles (Articles R211-503 à R211-584)

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Vote électronique par internet pour les élections professionnelles de la fonction publique Territoriale, fonction publique hospitalière et fonction publique d’état (Articles R211-503 à R211-584)

https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000044416551/LEGISCTA000050547969/2025-02-01/#LEGISCTA000050547969

Les conseils de notre Expert : Dans quel cas faire une AIPD ?

LES CONSEILS DE NOTRE EXPERT

Dans quel cas doit-on mener une AIPD (Analyse d’Impact sur la Protection des Données)

Formations RGPD et CYBER par LE NET EXPERT - Denis JACOPINI

Les conseils de notre Expert Denis JACOPINI

L’AIPD un outil qui permet de construire un traitement conforme au RGPD et respectueux de la vie privée, lorsqu’un traitement de données personnelles est susceptible d’engendrer un risque élevé pour les droits et libertés des personnes concernées.

Au travers d’une page du 22 octobre 2019, la CNIL répond à une question essentielle :

« Dans quel cas doit-on mener une AIPD ? »

Une AIPD doit obligatoirement être menée quand le traitement est « susceptible d’engendrer un risque élevé pour les droits et libertés des personnes concernées ».

  • Soit le traitement envisagé figure dans la liste des types d’opérations de traitement pour lesquelles la CNIL a estimé obligatoire de réaliser une analyse d’impact relative à la protection des données.
  • Soit le traitement remplit au moins deux des neuf critères issus des lignes directrices du G29 :
  • évaluation/scoring (y compris le profilage) ;
  • décision automatique avec effet légal ou similaire ;
  • surveillance systématique ;
  • collecte de données sensibles ou données à caractère hautement personnel ;
  • collecte de données personnelles à large échelle ;
  • croisement de données ;
  • personnes vulnérables (patients, personnes âgées, enfants, etc.) ;
  • usage innovant (utilisation d’une nouvelle technologie) ;
  • exclusion du bénéfice d’un droit/contrat.

Exemple : un organisme met en place un traitement publicitaire visant à collecter les données de géolocalisation de plusieurs millions d’individus pour créer des profils publicitaires et leur afficher de la publicité ciblée en fonction de leurs déplacements  ; ce traitement remplit le critère de la collecte à grande échelle et celui de la collecte de données sensibles (données de localisation), donc la réalisation d’une AIPD sera nécessaire.

Source : https://www.cnil.fr/fr/ce-quil-faut-savoir-sur-lanalyse-dimpact-relative-la-protection-des-donnees-aipd

À t-on le droit d’utiliser la « date de naissance » pour permettre aux électeurs de s’identifier sur un système de vote électronique ?

Les conseils de notre Expert : À t-on le droit d’utiliser l’« IBAN » pour permettre aux électeurs de s’identifier sur un système de vote électronique ?

LES CONSEILS DE NOTRE EXPERT

À t-on le droit d'utiliser l'« IBAN » pour permettre aux électeurs de s'identifier sur un système de vote électronique ?

Formations RGPD et CYBER par LE NET EXPERT - Denis JACOPINI

Les conseils de notre Expert Denis JACOPINI

Au travers de réponses apportées à des questions essentielles dans l’organisation d’élections professionnelles, le 24 octobre 2022 la CNIL éclaire les organisateurs d’élections par Internet sur le point précis de l’utilisation de données telles que l’IBAN pour permettre à des électeurs de s’identifier sur des systèmes de votes électroniques.

 

À t-on le droit d’utiliser l’ « IBAN » pour permettre aux électeurs de s’identifier sur un système de vote électronique ?

 

La CNIL recommande de privilégier l’utilisation d’une partie de l’IBAN (par exemple les 5 derniers chiffres) en tant que secret complémentaire (question-défi) entre l’électeur et le responsable de traitement organisant le vote ou son prestataire de solution de vote électronique (sous-traitant).

 

Source : https://www.cnil.fr/fr/elections-professionnelles-et-donnees-personnelles-questions-reponses
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Élections professionnelles et données personnelles : questions–réponses

Élections professionnelles et données personnelles : questions–réponses

Afin d’organiser les élections professionnelles, les employeurs publics et privés ainsi que les prestataires de solution de vote électronique sont amenés à collecter et utiliser les données personnelles des électeurs. La CNIL rappelle quelques principes. 

Réponses aux questions les plus fréquemment posées à la CNIL sur la collecte et l’utilisation de données des électeurs pour l’organisation des élections professionnelles

Liste des Questions-Réponses

1. Quelles mentions l’employeur peut-il faire figurer sur la liste électorale concernant ses agents/salariés ?

2. Quel est le statut des centres de gestion assurant l’organisation des élections professionnelles pour le compte des collectivités territoriales ?

3. Le prestataire de solution de vote par correspondance électronique mettant en œuvre les élections professionnelles pour le compte de l’organisateur de l’élection est-il sous-traitant ?

4. Comment qualifier, au sens du RGPD, l’expert indépendant qui atteste de la sécurité de la solution de vote électronique et du bon déroulement du processus électoral ?

5. Quels documents de la CNIL faut-il prendre en compte dans l’organisation d’un scrutin ayant recours au vote par correspondance électronique ?

6. Vote par correspondance électronique : faut-il procéder à une formalité préalable auprès de la CNIL ?

7. Comment informer les électeurs concernés de l’utilisation de leurs données personnelles ?
Solution de vote par correspondance électronique et mesures de sécurité

8. L’organisateur de l’élection ou son prestataire de solution de vote peuvent-ils envoyer au domicile de l’électeur son identifiant et son mot de passe dans deux courriers postaux distincts ?

9. Si le prestataire de solution de vote par correspondance électronique n’envisage pas de transmettre l’identifiant et le mot de passe par des canaux distincts, peut-il faire signer à l’organisateur du vote une décharge de responsabilité ?

10. Le mot de passe de l’électeur peut-il lui être envoyé en clair ?

11. Les e-mails ou les numéros de téléphone personnels peuvent-ils être utilisés comme canaux de transmission des moyens d’authentification (identifiant et lien permettant la définition du mot de passe) ?

12. Les mêmes identifiants et mots de passe peuvent-ils être utilisés lors des deux tours d’une élection ?

13. Quel secret complémentaire la CNIL conseille-t-elle d’utiliser pour sécuriser l’authentification des électeurs ?

14. Quelle procédure la CNIL conseille-t-elle d’utiliser pour la réinitialisation des moyens d’authentification, lorsque l’organisateur de l’élection ne souhaite pas collecter de données personnelles supplémentaires sur l’électeur ?

15. L’IBAN (International Bank Account Number) complet peut-il être utilisé par l’organisateur de l’élection ou son prestataire de solution de vote électronique comme question secrète ?

16. Quelles modalités doit respecter l’expertise de la solution de vote électronique ?

Pour approfondir

Sécurité des systèmes de vote par internet : la CNIL actualise sa recommandation de 2010 


Source :Élections professionnelles et données personnelles : questions–réponses | CNIL


LNE : Expertises indépendantes de systèmes de votes par Internet

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L’Expert principal, Denis JACOPINI est Expert Indépendant spécialisé en cybercriminalité, protection des données, gestion des risques et en votes électroniques par Internet. il a suivi en 2014 la formation de la CNIL sur les systèmes de votes électroniques. Il a expertisé des centaines de plateformes de vote électroniques mise en place par les principaux prestataires du marché (Neovote, Legavote, Voxalyn Alphavote, Gedivote,…).

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Elections par Internet avec LE NET EXPERT

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06-22: « Lundi de la Cyber »: le SASE, par Karen Bismuth

Le « SASE », ou Secure Access Service Edge » est un acronyme qui deviendra sans doute très vite un buzzword dans la cybersécurité, car ses méthodes vont augmenter et même établir la confiance qu’on peut éprouver quand on confie ses données dans un ou plusieurs Clouds, tout en assurant la sécurité des données en périphérie des Clouds.

Elections par Internet avec LE NET EXPERT

Élections professionnelles 2022 dans la fonction publique territoriale : Le possible recours au vote électronique pour les élections des CAP, CCP et CST

Conditions

Dans une délibération, l’autorité territoriale fixera la durée du scrutin électronique qui ne pourra être inférieure à 24 heures ni supérieure à 8 jours. En cas de coexistence entre le vote électronique et le vote à l’urne, le premier devra être clos avant l’ouverture du vote du second.

Dès la clôture du scrutin, le contenu de l’urne, les listes d’émargement et les états courants gérés par les serveurs seront figés, horodatés et scellés automatiquement sur l’ensemble des serveurs, dans des conditions garantissant la conservation des données. La présence du président du bureau de vote ou son représentant et d’au moins deux délégués de liste parmi les détenteurs de clés sera indispensable pour autoriser le dépouillement.

Le bureau de vote contrôlera, avant le dépouillement, le scellement du système. Les membres du bureau de vote électronique qui détiendront les clés de chiffrement procéderont publiquement à l’ouverture de l’urne électronique en activant les clés de chiffrement. La présence du président du bureau de vote électronique ou, le cas échéant, celle du président du bureau de vote électronique centralisateur sera indispensable pour procéder au dépouillement des suffrages exprimés.

Le décompte des voix obtenues par chaque candidat ou liste de candidats apparaîtra lisiblement à l’écran et fait l’objet d’une édition sécurisée afin d’être porté au procès-verbal. Le bureau de vote contrôlera que la somme des suffrages exprimés et des votes blancs émis par voie électronique correspondra au nombre de votants de la liste d’émargement électronique…[Lire la suite]


Source :Élections professionnelles 2022 dans la fonction publique territoriale : comment préparer le scrutin électronique ? – Actualité fonction publique


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Vote électronique des élections professionnelles 2022. Le marathon est lancé

La mobilisation est générale dans les collectivités et les centres de gestion pour préparer les scrutins professionnels de 2022, sous contraintes multiples. L’enjeu : assurer un fort taux de participation des agents.

C’est une routine qui revient tous les quatre ans. Pourtant, les prochaines élections professionnelles dans la fonction publique, en décembre 2022, s’annoncent particulières. Tout d’abord du fait de changements importants dans les instances représentatives du personnel à constituer, mais aussi parce que les contraintes liées à la crise sanitaire font craindre une nouvelle chute de la participation, déjà en baisse en 2018 et en 2014. « Nous sommes nombreux à nous demander comment mobiliser les électeurs dans ce contexte », confie ­Aurore ­Barthel, directrice générale adjointe (DGA) du centre interdépartemental de gestion de la petite couronne d’Ile-de-France (CIG, 349 collectivités affiliées, 150 000 agents suivis)….[Lire la suite]

Source : La Gazette des Communes : Le marathon des élections professionnelles 2022 est lancé

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